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13 janvier 2005

Prendez-moi-pas-pour-un-c..-SVP

ChevreAvis consommateurs,
notes d'acheteurs sur des produits, films, disques, services,
Forums dédiés à des marques, des environnements, des passions,
Blogs thématiques (oeuf corse !)

...
Le web regorge d'espaces permettant aux consommateurs de s'exprimer librement sur les marques, produits et services qu'ils adorent ou abhorrent. L'impact de ces commentaires est bien identifié.
En positif, souvent mis en avant lors de la mise en place de projets dits de "marketing viral"... ou, ce que l'on identifie moins, en négatif - l'échec commercial retentissant de quelques films "poids lourds" ces derniers mois, malgré des investissements marketing plus que conséquents en est la preuve tangible. Quelques post, SMS ou e-mail faisant état de la piètre impression des premiers spectateurs et le sort en est joué...

Ahhh, si je pouvais (discretos) noyauter tel ou tel blogue ou forum pour mettre en avant ma marque, mon produit, discréditer si possible mes concurrents, ce serait trop top ! Et comme le web est anonyme, fastoche, je me créé une chtit' adresse mail sur un webmail quelconque et c'est parti !
STOP !

Petit flash-back sur une histoire vieille de quelques mois
.Boomerang
Une major du disque suit cette brillante démarche au pied de la lettre. Poste des chansons trop mortelles sur un blog de musique... et envoie l'un de ses employés au casse-pipe : dizy qu'il est trop top ce disque sur le blog. Personne n'est dupe et les propriétaires dudit blog identifient immédiatement l'arnaque. C'est la même adresse IP qui est derrière l'envoi de la chanson... et les commentaires plus qu'élogieux qui la consacrent au panthéon de la musique actuelle. Du coup l'effet boomerang est instantané ! L'affaire s'ébruite, ledit "Major" et l'artiste associé deviennent la risée des MP3Blogueurs... Moyen moyen pour lancer une nouvelle Star... (Pour en savoir plus sur cette histoire relisez le post très marrant sur le blog de Chryde)

Les enseignements
Animer une communauté de prescripteurs, oui, 1000 fois oui. Leur apporter les arguments qui tuent, les rassurer dans leur "passion" de la marque, d'un produit, les informer en priorité sur les nouveautés, les traiter avec un brin de déférence qui va les valoriser. Nous y sommes tous sensibles.

Ce type d'expériences très enrichissantes se multiplient grâce au web. Newsletter communautaires (une des spécialités de mon agence, Singapour), blogues de marques (voir la conf de Loïc le Meur sur le sujet le 18 janvier), animation de communautés de prescripteurs on-line tel que l'agence Heaven l'organise avec talent, finesse... et efficacité depuis plusieurs années. Bien des moyens existent, et prennent une dimension jamais vue grâce au web.

Mais de grâce, confrères et annonceurs, ne vous faites jamais passer pour le consommateur que vous n'êtes pas !
- Ca se sent à plein nez
- Cela fait courir le risque de décrédibiliser tout l'édifice participatif du web
- Vous prenez vous-même des risques inconsidérés
- La prétendue efficacité de telles initiatives se limitera de toutes les façons aux quelques posts que vous vous évertuerez à diffuser à droite à gauche, sans atteindre les seuils critiques nécessaires pour enclencher la sacro-sainte viralité

Bref, prendez-nous-pas-pour-des-cons. Tout le monde va le payer cash. Ceux qui s'y risquent, comme le web dans son ensemble qui perdra sa crédibilité.

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Voici les sites qui parlent de Prendez-moi-pas-pour-un-c..-SVP:

Commentaires

Guillaume

Je suis d'accord avec vous que cela ne sert à rien de se faire passer pour un consommateur et qu'il est préférable de gérer les commanautés comme le font Heaven ( http://www.heaven.fr/ ) ou Human to Human ( http://www.humantohuman.fr/ ) mais je ne pense pas que cela risque de "décrédibiliser tout l'édifice participatif du web"

En effet, les lecteurs sont assez grand pour se faire eux même leur propre opinion et pour corriger les propos d'un utilisateur.

Un mauvais produit ne deviendra pas bon car les utilisateurs ont lu des bonnes critiques.. car celles ci seront rapidement remplacées par des critiques qui seront beaucoup moins bonnes.... et une correction rapide sera réalisée.

Cordialement


Gilles,
Merci pour ce post optimiste. Tu as sans doute raison de considérer que les internautes sont plus matures, ont un sens du jugement plus développé que la moyenne.
Je soupçonne cependant ce type de comportement d'entraîner une attitude de suspiction systématique : et si l'auteur de ce message n'était lui aussi qu'un "marchand de soupe"... C'est marrant, à relire nos échanges, je me rends compte qu'il existe déjà un exemple sur mon blog : j'ai écrit quelques lignes sur le lancement du nouveau Mac. C'est la seule marque que j'ai d'ailleurs citée depuis la création de cet espace. Le même message sur le blog du patron de l'agence de RP d'Apple aurait été très déplacée.
En tout cas, ce que j'ai pu expérimenter depuis de nombreuses années, c'est que la relation entre une entreprise et ses fidèles est fragile. Et que les moindres écarts se payent très cher.
Peut-être sans dommages collatéraux ?

C'est toujours très plaisant de constater que nous sommes plusieurs à défendre les mêmes valeurs ... ou plutôt le même bon sens :)

Sandra a.k.a pouic

Gilles (que je connais), Guillaume (que je ne connais pas), je vous invite à lire, si ce n'est pas déjà fait, sur exactement le même sujet, un article récent du Monde intitulé "Les guérilleros du net-marketing" qui va dans le même sens que le post de Guillaume : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-396272,0.html

Et si, pour revenir au coup de gueule de Guillaume (pas celui-là, mais celui du 2 février dernier),la dénonciation des "fakes" et celle du mépris que font mine d'afficher les tenants de la nomemklatura publicitaire à l'égard de la communication online n'étaient pas une seule et même dénonciation.

Je m'explique : la méthodologie de création publicitaire de nos grands groupes (disruption et autres philosophies visionnaires à la sauce NYSE) n'est-elle pas autre chose que la création de fake à l'échelle industrielle : imposer de manière unilatérale, suggestive et/ou subliminale une vision du monde (à défaut une vision marque/produit) aux consommateurs, qui, parfois, on le constate souvent sur le net, en savent plus que les services marketing des multinationales sur la question ?

A suivre dans les prochaines années...

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