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15 décembre 2007

Les urbanophiles contraints de prendre l'air à Méribel

Crm_company_group_cyber_cristal

Très belle semaine pour les Urbanophiles, CRM Company Group / Singapour et l'Agence du Développement des Territoires d'Auvergne ! La campagne a été doublement récompensée lors des CyberCristal de Méribel, dans la catégorie Marketing Viral, Film, et surtout par la consécration suprême : le Grand CyberCristal. Même lorsque l'on est pas grand chasseur de prix, il faut avouer que cela fait plaisir. D'autant plus que l'accueil réservé par les quelques 500 participants à la cérémonie a été incroyable ! Hurlements de joie, standing ovation. Je dois l'avouer, assez émouvant lorsque l'on monte sur scène. Bravo à toute l'équipe de création de l'agence, merci au Jury lui aussi particulièrement chaleureux et enthousiaste après la remise des prix...
Pour couronner la semaine, le lendemain les urbanophiles étaient de nouveau récompensés par le coup de coeur du Jury de Cap'Com...

30 octobre 2007

Alors, ces taux de négo sur Internet ?

Il existe bien peu de sujet aussi tabous que celui-ci. Depuis plusieurs années, tous les acteurs du marketing sur internet s'étonnent, ou ricanent - selon les cas - des taux de remise appliqués sur (certains espaces d') internet. Les méthodologies des méthodes de mesure de facilitent pas la transparence...
Alors on se retrouve dans des sutuations ubuesques du genre "j'en ai une plus grosse que la tienne" qui en langage e-pub se traduit par "j'ai eu du moins 80. Toc. Et ben moi j'achète à moins 90 nananèreuh". Ou des patrons de régie qui jurent croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer lors de réunions d'associations professionnelles que cette année, c'est fini, ils vont respecter leurs CGV... Et qui, à peine la porte fermée, appellent leurs clients pour vendre au moins offant, histoire de liquider une part de leur pléthorique inventaire.

Bref, malgré de méritoires efforts, la lisibilité du marché publicitaire sur internet en France n'est pas encore des plus limpides*.

Petit élément. Tout à fait non respectueux des méthodologies, tout ça tout ça, voici un comparatif des dépenses nettes des annonceurs en 2006 (Selon IREP- France Pub) avec les recettes brutes des médias sur la même période.
Bonne lecture.
Le pluri-médias 2006 selon TNS Media Intelligence (données en brut, recettes des médias) :

Plurimedias_06_tns_2

Le pluri-médias 2006 selon IREP/France Pb (dépenses nettes des annonceurs ) :

Plurimedias_06_irep

Et voici le tableau récapitulatif :

Tns_vs_irep

NB : France Pub annonce la prise en compte des liens sponsorisés, mais selon une méthode... pour le moins surprenante. TNS Media Intelligence ne prend pas en compte les liens sponsorisés (pour le moment).

* Internet n'a rien à envier aux autres médias de ce point de vue !



27 octobre 2007

Information micro locale : ca commence !

Daily_neuvieme3 J'avais déjà pu en parler ici, lors du lancement d'Obiwi. Je suis persuadé qu'un des axes de développement fort des médias sur internet peut être l'information micro-locale. Appliqué à l'univers des médias, le principe de la longue traine (long tail) a deux axes "naturels" de déploiement : les centres d'intérêt, d'une part, la vie de quartier d'autre part.
C'est aujourd'hui clairement vers le premier que les médias se sont tournés sur la toile. Alors que, ce qui a fait le développement de la presse quotidienne régionale après seconde guerre mondiale, n'a pas encore son relais internet : pas encore de "correspondants locaux de presse (CLP)" sur le web.
Quelle solution média, alors, sur le web micro-local, alors que les réseaux sociaux, eux, démontrent leur capacité à fédérer la vie de quartier (Facebook, bien sûr mais Peuplade, surtout) ?
Alors qu'aux Etats-Unis, des points de vue et des initiatives commencent à démontrer que l'avenir est à l'information hyper-locale, une initiative individuelle découverte (presque) par hasard cette nuit me semble intéressante : le Daily Neuvième qui s'engage à informer les habitants du IXème arrondissement de Paris sur leur vie de "Quartier" (?). Dans mes Batignolles "à moi", je m'énerve régulièrement de ne pas être au courant des animations et de la vie de quartier. Je rêverais d'une initiative du même ordre... Le collaboratif en plus. Bravo donc à Katia  Chatjimikes Kermoal pour l'initiative. Rêvons qu'elle fasse tâche d'huile.

28 septembre 2007

l'editing au secours du journalisme citoyen

Obiwi_home_page A l'occasion de la sortie officielle, hier, d'Obiwi, lancé -entre autres- par Julien Jacob, avec qui j'échange depuis de nombreuses années sur les question de l'évolution des médias, et après quelques (!) missions de conseil pour des acteurs des médias traditionnels, voici quelques réflexions. Qui appellent le commentaire.

1. La publicité sur les blogs "anonymes" et mono-auteurs ne fonctionnera jamais
Ce n'est un secret pour personne, sur internet, l'offre (le nombre de pages de publicité disponible à la vente) dépasse largement, très largement la demande (le nombre d'annonceurs prêts à investir sur la toile). La progression rapide de l'investissement publicitaire (Plus de 50% de progression par an depuis 2003 selon la police, un peu moins selon les manifestants*) ne permet pas d'inverser la situation. Puisque le volume de pages continue lui aussi à progresser dans des proportions plus rapides encore.

Le choix des annonceurs s'opère selon deux schémas :

- Je souhaite toucher la proportion maximale de ma cible au meilleur prix. Mon indicateur de succès est le taux de clic - transormation - leads - achat, ...

En général, alors, les agences média proposent d'arroser à tout va. Au tarif le plus bas. On est dans une approche "achat" de contact. Le contexte n'importe peu. Les grands portails et les régies externes qui agrègent des "petits" éditeurs sont passés rois dans cette catéorie. Ils attirent avec des "marques" ou emplacements (home page) emblématiques, ils négocient sur du "fond de panier" sur lequel ils ont un inventaire (pages disponibles) quasi inépuisable.

Dans ce cas, soyons simple : ce sont les agences média et les annonceurs qui font le tarif et le mode de commercialisation (en général à la performance). Les régies publicitiaires acceptent - ou pas. L'alternative s'appelle Google et ses liens contextuels.

- Deuxième cas de figure : le souhaite valoriser ma marque, mon offre, mon entreprise en profitant de l'aura du média sur lequel j'annonce.

Les_limites_de_l_affiliation Ici, la situation est différente. Le retard pris par les médias traditionnels sur internet en France, le nombre limité de supports "pure players" sur les secteurs clef des annonceurs, font que l'équilibre entre offre et demande est plus tangible. On peut alors se retrouver, dans le BtoB, par exemple, ou sur des pages d'accueil de sites emblématiques avec des délais d'attente réels. Des tarifs qui "se tiennent"... et des marques qui sortent valorisées par leur présence sur le support, au delà de la "simple" analyse de performance immédiate (taux de clic, etc...). Alors qu'utiliser des blogs à l'audience limitée, au contenu rédactionnel impossible à évaluer rend leur usage dans le cadre de camapgne publicitaire d'image bien souvent inimaginable (voir image ci-contre - le logu Auchan associé à un blog ordurer "l'usurpateur" dédié à Jacques Chirac)

Aujourd'hui, la grande majorité des "User Generated Contents" sont donc commercialisés - s'ils le sont - selon le premier modèle (des pages vues vendues au kilo, au clic, à la performance, etc...). Normal, ils ne viennent que gonfler la masse des pages disponibles, sans valeur ajoutée perçue. Pourquoi ? Car les auteurs ne sont pas perçus comme "légitimes" sur les sujets qu'ils traitent. Il n'ont pas atteint le statut de "marque méda". Le modèle publicitaire "classique" sur les blogs et tous contenus non "valorisés" ne peut donc pas trouver d'équilibre, aujourd'hui, et pour encore un bon moment.

2. Pourquoi un tel phénomène ? La puissance de l'éditing
Cela ne signifie pas, loin de là que les contenus produits par les utilisateurs, que le journalisme citoyen, n'ont pas d'avenir économique de mon point de vue. Mais leur équilibre économique passera par leur reconnaissance éditoriale. Comment atteindre cette reconnaissance, alors ?

Depuis longtemps, le métier de journaliste est multiple. Les rédactions font écrire d'un côté, et structurent, organisent, valident les contenus d'un autre. Les blogueurs se sont demandé pendant longtemps s'ils étaient des journalistes. Ce n'est pas la question. Ce qui est certain, c'est un blog n'est pas un journal. C'est le point de vue d'un - ou plusieurs - rédacteurs. Non édité. J'entends pas là non réorganisé et structuré par un rédacteur en chef technique. Editor en anglais si je ne m'abuse. Editeur pour certains canards en France.

Agoravox a ouvert la voie en "validant" des contenus (=vérification de l'exactitide + sélection ou non). Certains ont suivi - comme Paperblog par exemple. Mais quelle est leur mission ? Eux-mêmes ont du mal à la définir.

J'ai échangé régulièrement avec Julien depuis son départ de CNet sur la notion de journaliste citoyen. Sur le rôle de "l'éditeur" face au rédacteur. Je pense qu'Obiwi ouvre une voie qui va participer à définir le nouveau modèle des médias. Une interaction forte entre journalistes pro et amateurs (Pro/Am comme disent les américains), une véritable ligne éditoriale (=j'oriente les travaux de mes "rédactions"). Une mission d'éditing.

Obiwi va aussi permettre de définir de nouveaux modèles publicitaires, de mon point de vue. Un environnement rédactionnel dans lequel les annonceurs seront valorisés.

Obiwi a choisi l'approche étitoriale par centres d'intérêt. Elle est la plus logique aujourd'hui. D'autres vont voir le jour dans les mois qui viennent sur d'autres approches... Je ne vous en dit pas plus, mais nous vivons une époque formidable...

Bref chapeau à Julien et toute l'équipe d'Obiwi pour leur courage et leur ténacité, j'en connais (très très bien !) certains qui se sont arrêtés en chemin...


* Les investissments publicitaires sur internet en France sont publiés en "brut" (somme du nombre de bannières et autres formats achetés multipliés par leur prix facial - ce traif ne prend donc en compte aucun dégressif, les espaces commercialisés à la preformance sont recalculés en "équivalent CPM"). La réalité des tarifs pratiques varie selon les secteurs et le type de support de moins beaucoup à moins énormémént (record vu de mes yeux : -99% sur une proposition pour un de mes clients, je vous promets)

17 septembre 2007

PagesJaunes.fr : la révolution de velours

Nouveau_pages_jaunes_fr A 0:00 dans la nuit de mercredi à jeudi, la nouvelle version des PagesJaunes.fr sera disponible pour tout les internautes. J'étais invité ce matin à rencontrer toute l'équipe qui a conçu cette nouvelle version. Une rencontre passionnante. A la hauteur de l'enjeu de cette nouvelle version... Je m'explique.
Les Pages Jaunes restent une institution. Pour beaucoup de français, le lien entre l'économie locale (les PME, commerçants, artisans) et les citoyens (consommateurs).
S'il fallait caricaturer, voici l'évolution de cette "institution" :
- quelques générations d'annuaire papier,
- 30 ans de Minitel et ses évolutions*
- puis cette version conçue et penser pour internet et les internautes.

Autant dire que les équipes du projet jouent gros. Si elles s'adaptent aux habitudes de recherche des internautes (recherche simple et intuituve), elles vont déstabiliser toute une génération de "Minitel Natives" pour qui l'interface d'échange (IHM) avec un écran, C'EST les Pages Jaunes. On peut s'attendre donc à une étape de... transition sympa !

Assez parlé Minitel, hein ?

Rercherche_contextuelle_pages_jaune Sinon, donc, l'évolution, telle que présentée par les équipes projet est en effet assez impressionnante. L'interface Bichon™** est impressionnante. Champ 1 : Qu'est ce que je recherche ? Champ 2 : Où ?
What Else ? Comme dirait George. Juste la possibilité d'ajouter "a proximité". Et crac. Sur les exemples choxis tout à fait au hasard, ça marche. La recherche resto japonais" "avenue de Wagram, Paris" (l'équivalent des pizzas de Google :+)) liste en effet les restaurants japonais (et uniquement ceux-là) via une analyse sémantique sur le nom, mais aussi le descriptif des restaurants. Comment ? Un lexique a été associé à des milliers de recherches type. Et la recherche s'effectue sur ce lexique. Il suffit que le mot Sushi soit retrouvé dans le descriptif pour que le restaurant soit identifié comme japonais. Assez impressionnant.

Cerise sur le gâteau, une recherche contextuelle et évolutive est proposée (voir photo ci-dessus). En deux mots : l'interface vous propose d'affiner votre recherche au fur et à mesure. Intelligent, et proche de la (ma ?) mécanique mentale de recherche.

Autour de ce nouveau mode de recherche et du moteur associé, les équipes PagesJaunes.fr ont intégré la navigation par cartographie en profondeur. En permanence, on a en effet la possibilité de basculer d'une recherche en mode classique (annuaire) à celle par cartographie. Petite (semi) nouveauté : on peut passer via calque d'un mode de représentation 100% carto à un mode 100% photo. Comme l'avait fait GéoPortail à son lancement. Assez classieux !

Enfin tous les services intégrés petit à petit depuis plusieurs années sont intégrés de façon intuitive, logique (!) et plutôt assez conviviale. Une réussite, donc.

Une culture propriétaire...
Equipe_pages_jaunes Ca bouge chez PagesJaunes. Pas de doute ! Le fait d'avoir été invité en avant première en est la preuve (voir photo ci-contre). Mais on sent que la culture d'entreprise (garder la main sur son offre, sur "son" audience, sur ses services, ...) reste très présente. Que cela soit au niveau commercial ou au niveau de la mise à disposition des services à l'utilisateur.
- Côté commercial, l'esprit est à l'intégration complète. PagesJaunes souhaite apporter aux petites entreprises un service complet depuis la mise en avant publicitaire locale jusqu'à la conception évolutive de mini-sites pour les PME (à partir de 1 000 € environ), avec, de plus en plus présente, l'intégration de de la conception, production et mise en avant de vidéos (+/- 3 500 €). Pages Jaunes se présente comme l'interlocuteur unique internet pour les TPE/PME.
- Côté mise à disposition de services, même si des API sont à l'étude, pas question pour le moment de mettre à disposition toute la batterie de services pour intégration dans les sites / projets web de développeurs. Les services PagesJaunes s'utilisent et se consultent "à la maison !".

Conclusion : la révolution dans la continuité
Si l'évolution des Pages Jaunes est flagrante, si l'interface se rapproche de ce qui fait le succès du web aujourd'hui, sur le fond, pas de doute, Pages Jaunes et Google conservent deux philosophies bien distinctes. Le "tout ouvert" chez l'américain, le "tout propriétaire" chez le français. Assez logique certainement au vu des différences "culturelles". Si le technophile internaute "digital native" en sort vainqueur (la course à l'innovation est pour le coup partagée entre les deux acteurs), le risque de l'accentuation de la "fracture numérique" est réel. Il faudra bien réussir à ne pas laisser sur le bas côté les utilisateurs largués. Une véritable mission de service public... qui n'est plus celle de Pages Jaunes. Qui s'y colle ?

* Quand j'étais (très) petit, j'habitais Versailles (désolé). J'ai pu faire joujou avec mon premier Minitel en 1977 à la poste à côté de chez moi. Le principe de recherche des Pages Jaunes est resté identique depuis l'interface de recherche de l'époque : le métier, le nom, l'adresse, la commune, le code postal.

** Je me suis demandé pendant toute la réunion si PagesJaunes avait choisi ce nom en référence à l'historique labrador de Lycos qui cherchait si bien... avant de comprendre que faute de Bichon, il s'agissait moins poétiquement d'un Bi Champs. C'est plus facile pour trouver et en plus ça salit pas les trottoirs et n'aboie pas 24h/24.

13 septembre 2007

Collectivités territoriales et Internet : Singapour récompensé

Hier soir avait lieu le Grand Prix de la communication des collectivités locales et territoriales, organisé par l'hebdomadaire CB News. Nous a eu la joie de nous voir remettre le prix de la meilleur action de communication dans la catégorie "initiative multimedia" pour la campagne "les urbanophiles" réalisée pour le compte de l'Agence régionale du développement des territoires d'Auvergne. (j'ai déjà eu l'occasion de vous parler de cette campagne ici et ici).
Je profite de cete occasion pour vous proposer en avant-première les 3 nouveaux films de la campagne (perso ceux que je préfère). Après la mention reçue il y a quelques années de la part du magazine Strétégies pour le site du Comité départemental du tourisme de la Vendée, Singapour et CRM Company Group s'ancrent un peu plus dans le monde de la communication territoriale et locale.
Cool.
(fin de l'auto-promo)

Voici le premier des trois films de la "Saison 2" des urbanophiles. Les autres arrivent dans la journée...

   

<message personnel>L'occasion pour moi de dire au revoir à Caroline, (C'est Caroline qui pilote la campagne Urbanophiles depuis son lancement. Le pot de départ au Sénat avec prix à la clef, y' pire...), Caroline, qui après quelques années de bons excellents et  loyaux dévoués-corps-et-âme services part vivre de nouvelles aventures sous d'autres cieux. Tu va me manquer, Caro.
</message personnel>

03 mai 2006

Marketing 2.0 : et si c’était vrai ?

Depuis que je sais lire, on me bassine à coups de révolutions. Depuis que je nage dans les nouvelles technologies, on tente de me noyer à coups d’annonces révolutionnaires. Voici un papier que je viens d'écrire pour Après La pub, le "Magazine qui cause de les faits" édité par Singapour dont le numéro de mai vient de sortir !

Ré-vo-lu-tion-naires. Est-ce bien sérieux ? La nouvelle version de mon système d’exploitation ? Ok, elle est tout à fait exceptionnelle, mais... Mon nouveau téléphone mobile équipé de cette nouvelle technologie qui me change ma vie. Dingue en effet, mais... Ce nouvel ordinateur de poche qui détrône son concurrent. C’est évident, il fait tellement plus, mais...
Mais ces pseudo-révolutions ne font que détrôner leurs prédécesseurs. Elles n’ont donc rien de révolutions. Elle ne sont que des coups d’Etat. Car des puissants remplacent d’autres puissants.

La révolution, c’est la prise du pouvoir par le peuple. Le peuple a-t il demandé la mise à jour de son traitement de texte ? La montée en puissance de son micro-processeur ? Hum hum...

Mai 2005, les prémices d'ne révolution

Une très grande marque de cosmétiques internationale projette d’utiliser les blogs pour promouvoir un nouveau produit qui permet de rendre la peau des femme plus belles. Le "Journal de ma peau" voit donc le jour. Animé par une blogueuse qui fait part de ses perceptions au jour la jour. Léger problèmes... La blogueuse en question n’existe pas. Les perceptions face à ce produit... révolutionnaire ne sont pas réelles mais rédigées par une équipe marketing et son agence. Rien d’extraordinaire me direz-vous. Nous voyons cela tous les jours dans les pages de nos magazines préférés, dans les mailings que nous recevons dans nos boîtes aux lettres ou même à longueur d’écrans publicitaires télévisés. Et personne ne s’en émeut.
Oui mais. Mais ici, nous sommes sur Internet. Dans cet espace fourmillant que sont les blogs. Et sur un blog, se payer la tête des consommateurs n’est pas bien vu. Pas bien vu du tout ! En l’espace de quelques heures, quelques uns des blogueurs les plus influents trempent leur souris dans le vitriol, aiguisent leurs claviers. Les réactions sont terribles. Insultantes. Tant pour la pseudo blogueuse que pour toute la chaîne de "production" qui se cache derrière - agence, équipe marketing, marque produit et marque ombrelle.
Ces réactions - bien sûr - se répandent à la vitesse de la lumière (normal pour des octets)... et arrivent aux oreilles du Président du Groupe. Qui fait suspendre le blog. Qui convoque une réunion extraordinaire. Pour comprendre ce qui se passe. Le message ? Sur internet, on ne se paye pas la tête de ses consommateurs. Sinon, ils le font savoir. Et gare aux dégâts. Message compris. Marche arrière, le journal de ma peau réouvrira quelques jours plus tard, animé par de "vraies" consommatrices.

Je ne pense pas que cet épisode aura affecté les résultats du groupe L’Oréal en 2005. (Oups, j’ai cité la marque). Je ne suis même pas persuadé qu’il aura eu des effets sur le lancement de PeelMicroAbrasion - zut le nom du produit m’a échappé. J’imagine qu’il aura fait quelques vagues dans les équipes de Vichy. La rapidité de la réaction de Vichy et le soutien de quelques blogueurs - eux aussi influents qui ont allumé un "contre-feu" ou apporté leurs conseils à Vichy ont permis de corriger le tir en quelques jours.

Mais cet événement fera date dans l’histoire du marketing moderne. Il permettra d’identifier l’avant et l’après révolution du "marketing 2.0". La révolution qui va voir les consommateurs prendre le pouvoir. Le pouvoir de s’exprimer avec la même force que les marques. Le pouvoir de contrebalancer l’ordre établi. Et à terme, de faire et défaire des succès.

Et qu’est ce que cela va changer pour les professionnels du marketing ?

J’allais dire "tout". Presque. Beaucoup de choses en tout cas. Dans le fond comme dans la forme
1. L’obligation d’une meilleure compréhension des attentes et perceptions des consommateurs. Non seulement face aux produits, mais aussi face aux messages délivrés.
2. L’évolution des discours de marque : plus de modestie, plus d’objectivité, bref plus d’éthique dans les messages. A trop promettre, on finit par agacer, on risque le retour de bâton. Halte aux "révolutions", donc.
3. La modification des stratégies de communication : plus que jamais, s’assurer le relais d’influenceurs va déterminer le succès des lancements de produits ou services. Plus une jamais, les prescripteurs vont se retrouver sur le devant de l’écran. La qualité et la subtilité de la relation que les marques et leurs conseils sauront établir avec ces communautés pourront tout changer, dans un sens, ou dans l’autre ! L’influence peut s’accompagner. Elle ne s’achète pas. Gare aux erreurs de jugement !

2.0 kézako : petit lexique du "versionning"
Ceux qui sont nés avec une souris à la main ont rapidement réappris à compter :
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, c’est trop simpliste.
Il se passe tellement de choses entre 1 et 2. Les éditeurs de logiciels ont donc mis des trucs avant le début et après la virgule.

Petit lexique :
Un logiciel tout à fait bogué s’appelle ß (Beta). C’est plus chic. Et une ß a le droit (le devoir) d’être boguée. J’ai choisi d’utiliser une ß. A mes risques et périls. Mais moins qu’une "Alpha. Là pour le coup, à moins d’être développeur, ça ne marche pas.
• 0.9.7.3 : cela fait tellement longtemps que l’on corrige les bugs de la version ß que le terme ne signifie plus grand chose. On fait donc un compte à rebours vers le 1.0.0. Mais à force de s’approcher du chiffre fatidique... sans trouver de solutions, de nouvelles étapes s’imposent !
• 1 (ou 1.0) Enfin ! Mon logiciel est sur le marché (avec un nombre suffisamment acceptable d ’erreurs)
• 1.01 : = Je me suis empressé de corriger quelques erreurs tout à fait impardonnables, merci de télécharger la nouvelle version au plus vite
• 1.1 : quelques nouvelles fonctions plus ou moins visibles sont apparues. Génaralement accompagnées de nouveaux bugs, pour faire joli (ou sérieux).
• 2.0 : Le logiciel que vous aviez entre les mains était tout à fait obsolète. Il était devenu indispensable de le changer à l’instant. Merci de passer à la caisse.

Petit exercice :
"Web 2.0" : [ouèb-deux-point-zéro] Après avoir essuyé les plâtres des versions ß (1969 - 1996), le web a commencé à s’imposer auprès d’un public tous les jours plus large (1996 -2006). Evolution après évolution, il est sorti des mains des informaticiens (ceux qui savaient L’UTILISER là ou M. toulemonde ne pouvait que le consulter) pour devenir l’outil de tous, le Web 2.0. On oppose donc web et web 2.0 généralement en mettant en avant la participation active de l’internaute - en comparaison avec le web 1.0 pour lequel l’internaute n’était que spectateur. 1.0 : spectateur. 2.0 : acteur. On associe souvent à ce mouvement l’apparition de nouvelles technologies rendant le web plus fluide, plus ergonomique. La plus réputée : Ajax.
Par extension, n’importe quoi devient 2.0. Souvent l’occasion de dire que c’est nouveau. Avec une touche de participation en plus. Ca fait plus chic, non ?

A propos du pouvoir des internautes
Couv En rapport direct avec ce sujet, même si l'approche est beaucoup plus large (donc intéressante), François-Xavier Hussherr, Cécile Hussherr et Marie-Estelle Carrasco viennent de publier LE NOUVEAU POUVOIR DES INTERNAUTES. Intéressant à plus d'un titre !
- Une analyse qui permet de prendre conscience des mutations incroyables que notre société vit actuellement.
- Un mode collaboratif novateur ! Le site www.nouveaupouvoir.org vous permet de modifier le livre en direct. Celui-ci sera réédité dans 69 jours (80 au lancement) en prenant compte de vos remarques. Dépéchez-vous d'y aller jeter un oeil !

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